FAQ

Section de câble par disjoncteur : quel câble pour quelle protection ?

Lisez correctement le tableau 4.11 du RGIE Livre 1 V06 : son plafond légal ne remplace pas le dimensionnement complet. Voyez aussi le tableau 5.1, les câbles EMCB et EMCVB anciens et la chute de tension.

Publié le 18 mars 2026 Mis à jour le 29 août 2026 8 min

Section de câble par disjoncteur

La protection protège la canalisation, pas l’appareil raccordé. Un disjoncteur trop puissant pour la canalisation peut la laisser chauffer trop longtemps en cas de surcharge. Mais le bon choix ne se résume pas à chercher une section dans un tableau : la charge, le câble et les conditions de pose doivent être examinés ensemble. Voici ce que le tableau 4.11 du RGIE Livre 1 V06 permet réellement de conclure et ce qu’un dimensionnement complet doit encore vérifier.

Lire le tableau 4.11 dans l’autre sens

Le tableau 4.11 de la sous-section 4.4.1.4 donne, pour les installations domestiques, le courant nominal maximal d’un coupe-circuit à fusible et d’un disjoncteur selon la section du conducteur. Le tableau ci-dessous est donc une limite légale indicative pour la section, et non la garantie universelle qu’un câble de cette section est dimensionné dans toute situation.

DisjoncteurPlus petite section qui ressort du tableau 4.11Exemple d’utilisation
10 A1,5 mm² pour un circuit domestique fixe ; 1 mm² figure au tableau mais pas dans le tableau 5.1 pour une canalisation fixe neuveÉclairage sans prises
16 A1,5 mm² selon le tableau 4.11, mais un circuit de prises exige au moins 2,5 mm² selon 5.2.1.2Éclairage ou circuit sans prises
20 A2,5 mm² comme plafond du tableauCircuit terminal dédié, si les autres vérifications l’autorisent
25 A4 mm²Circuit terminal de charge plus élevée
32 A6 mm²Récepteur dédié plus puissant
40 A6 mm²Alimentation ou circuit terminal lourd, après calcul complet
63 A10 mm²Alimentation d’un tableau divisionnaire, après calcul complet
80 A16 mm²Canalisation d’alimentation, après calcul complet
100 A25 mm²Canalisation d’alimentation, après calcul complet

Pour 2,5 mm², le tableau indique 16 A comme maximum du fusible et 20 A comme maximum du disjoncteur. Cela ne rend pas automatiquement correct un disjoncteur de 20 A : pose, charge, chute de tension, court-circuit et type de canalisation restent à vérifier. Pour un circuit de prises, la section minimale de 5.2.1.2 reste applicable, même avec une protection plus faible.

Le tableau 4.11 complet

Section du conducteurFusible max.Disjoncteur max.Signification
0,5 mm²2 A4 ACircuits de commande, contrôle, signalisation et mesure uniquement
0,75 mm²4 A6 ACircuits intégrés dans les tableaux et ensembles de connexion
1 mm²6 A10 APas d’exception neuve dans le tableau 5.1
1,5 mm²10 A16 ACircuits sans socles de prise de courant
2,5 mm²16 A20 ACatégorie générale du tableau
4 mm²20 A25 ACatégorie générale du tableau
6 mm²32 A40 ACatégorie générale du tableau
10 mm²50 A63 ACatégorie générale du tableau
16 mm²63 A80 ACatégorie générale du tableau
25 mm²80 A100 ACatégorie générale du tableau
35 mm²100 A125 ACatégorie générale du tableau

Les deux colonnes ne sont pas interchangeables. Remplacer un fusible de 16 A par un disjoncteur de 20 A sur 2,5 mm² augmente le courant nominal et demande une nouvelle vérification ; le tableau juxtapose seulement deux plafonds.

Pourquoi le tableau ne suffit pas

Un dimensionnement correct commence par le courant de conception Ib, attendu de la charge. On choisit ensuite le courant nominal In et la capacité de transport Iz de la canalisation. Une vérification courante est Ib ≤ In ≤ Iz, avec les caractéristiques exigées de la protection. Iz ne dépend pas de la seule section.

Il faut notamment considérer :

  • le matériau, l’isolation et la constitution du câble ou de la canalisation ;
  • le mode de pose (tube, isolation thermique, paroi, faisceau ou chemin de câbles) ;
  • le nombre de conducteurs chargés simultanément et les facteurs de groupement ;
  • la température ambiante, l’évacuation de la chaleur et les influences externes ;
  • la longueur, la charge et la chute de tension admissible ;
  • les conditions de coupure en cas de court-circuit et l’impédance de boucle de défaut ;
  • le pouvoir de coupure de la protection par rapport au courant de court-circuit présumé.

La protection doit donc être compatible avec la section et le circuit réel. Une longue liaison peut nécessiter une section supérieure pour la chute de tension ; une pose défavorable peut diminuer Iz. Un calibre acceptable reste inadéquat si l’impédance de boucle ne permet pas la coupure automatique ou si le pouvoir de coupure est insuffisant.

Tableau 5.1 : les exceptions limitées sous 2,5 mm²

La sous-section 5.2.1.2 interdit en principe les conducteurs isolés de moins de 2,5 mm² lorsqu’ils ne font pas partie intégrante d’une machine ou d’un appareil. Le tableau 5.1 énumère les exceptions :

MinimumUniquement pour
1,5 mm²Canalisations de circuits sans prises, sauf une prise individuelle d’au plus 2,5 A intégrée dans un luminaire
0,75 mm²Circuits intégrés dans les tableaux et ensembles de connexion alimentant un seul socle de prise ; la protection doit être adaptée à cette section
0,5 mm²Circuits de commande, contrôle, signalisation et mesure

La ligne 1 mm² du tableau 4.11 n’est donc pas, à elle seule, une autorisation de poser aujourd’hui une canalisation fixe de 1 mm² dans une habitation. Le tableau fixe la protection maximale lorsqu’une règle applicable permet cette section ; le tableau 5.1 en fixe ici le domaine d’emploi.

Câbles EMCB et EMCVB de 1 mm² dans l’existant

Pour les parties existantes, les dérogations de la Partie 8 sont pertinentes. Pour les installations dont l’exécution sur place a commencé avant le 17 mai 1986, une canalisation EMCB ou EMCVB de 1 mm² peut rester en service, sous les conditions de la disposition dérogatoire, lorsqu’elle appartient à un circuit sans prises. Le dispositif de protection doit être adapté à la section. Il s’agit d’une tolérance pour une installation existante et non d’une règle permettant de poser du 1 mm² dans une installation neuve. L’état réel, la date et les documents disponibles doivent pouvoir être établis lors du contrôle.

Chute de tension : 3 % et 5 % ne sont pas une limite RGIE

Pour une vérification préalable, on utilise souvent 3 % pour l’éclairage et 5 % pour les autres circuits terminaux. Ce sont des hypothèses utiles, pas des limites générales imposées par le RGIE 5.2.5, qui renvoie aux règles de l’art. Présentez-les comme un contrôle non contraignant : une longue liaison, un moteur, une borne de recharge ou un matériel sensible peut demander davantage après calcul.

Remplacer un ancien fusible

Sur un circuit existant, il faut d’abord identifier la canalisation réellement posée, son mode de pose, la charge attendue et les éventuelles dérogations liées à l’époque de construction. Les colonnes du tableau 4.11 viennent ensuite. Pour 2,5 mm², 16 A pour un fusible et 20 A pour un disjoncteur sont les plafonds du tableau ; ce ne sont pas des consignes d’augmenter la protection. Pour 1,5 mm², la limite du disjoncteur est 16 A, tandis qu’un circuit de prises reste soumis à la section minimale applicable.

Concevoir et documenter

Avec PlanElec, vous pouvez saisir sections, protections, circuits et longueurs dans l’éditeur, exporter un PDF et lancer un auto-contrôle indicatif. L’outil aide à organiser les données et les points ouverts. Il ne constitue ni un dimensionnement complet, ni une attestation de conformité RGIE, ni un remplacement des mesures ou du contrôle officiel.

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