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Installation électrique sur plusieurs étages : chaque niveau a-t-il besoin de son propre tableau ?

Quand un tableau divisionnaire par étage se justifie, comment dimensionner et protéger la ligne montante, ce que le RGIE dit réellement de la sélectivité, et comment les étages apparaissent sur le plan de position et le schéma unifilaire — avec l’article RGIE à côté de chaque affirmation.

Publié le 31 août 2026 15 min

Chaque niveau a-t-il besoin de son propre tableau ?

Non. Le RGIE ne connaît aucune règle du type « un tableau par étage ». Il impose un tableau principal de répartition et de manœuvre muni d’un interrupteur-sectionneur général dont l’intensité assignée, dans les installations domestiques, n’est pas inférieure à 40 A (sous-section 5.3.5.1. point b.), et il impose que les tableaux de répartition et de manœuvre des installations domestiques soient facilement accessibles sans moyens spéciaux (point c.). Qu’un second tableau à l’étage fasse partie de l’ensemble, c’est vous qui en décidez — pas la norme.

Ce que la norme impose en revanche, ce sont des limites de nombre, et ce sont elles qui font grimper le nombre de circuits dans une maison de rangée de trois ou quatre niveaux : le nombre de socles de prise de courant simples ou multiples est limité à huit par circuit terminal, et les circuits alimentant les appareils d’éclairage sont au moins au nombre de deux circuits distincts pour les unités d’habitation qui comprennent plus de deux locaux et/ou emplacements (sous-section 5.3.5.2. point b.). S’y ajoute la limite de huit circuits terminaux au maximum par dispositif de protection à courant différentiel-résiduel à haute ou très haute sensibilité (sous-section 4.2.4.3. point b.). Un tableau divisionnaire découle de ces limites et des longueurs de canalisation — pas d’une limite d’étage.

Le terme que le RGIE emploie aide à structurer le raisonnement : un circuit élémentaire est la portion d’une installation électrique comprise entre deux dispositifs successifs de protection contre les surintensités — circuit principal ou circuit divisionnaire — ou existant en aval du dernier de ces dispositifs, et c’est alors un circuit terminal (section 2.6.1.). La ligne montante qui alimente un tableau divisionnaire n’est donc pas un circuit terminal mais un circuit principal. Toutes les règles qui visent les circuits terminaux — les huit socles, les huit circuits par différentiel — ne s’y appliquent pas.

Quand un tableau divisionnaire par étage se justifie-t-il — et quand non ?

La décision se lit dans quatre grandeurs observables : le nombre de circuits terminaux, le tracé le plus long, l’accessibilité et l’extension prévue. Le tableau ci-dessous résume ce qui se présente en pratique dans une habitation belge ; la colonne « norme » nomme la disposition qui crée la limite.

SituationUn seul tableau suffitTableau divisionnaire justifiéRéférence RGIE
Deux niveaux, maison de rangée compacte, moins d’environ 15 circuits terminauxaucune prescription ; le nombre découle de 5.3.5.2. b et 4.2.4.3. b
Plus de 16 circuits terminaux, donc plus de deux différentiels sensibles8 circuits terminaux au maximum par différentiel sensible (4.2.4.3. b)
Canalisation la plus longue nettement au-delà de 25 à 30 m depuis le tableauchute de tension à limiter selon les règles de l’art (section 5.2.5.)
Combles avec pompe à chaleur, préparation de borne de recharge ou bureau prévuspuissance d’alimentation à déterminer avec les facteurs de simultanéité (section 3.2.1.)
Tableau à la cave, étage accessible seulement par une échellefacilement accessible sans moyens spéciaux (5.3.5.1. c)
Tarifs d’énergie distincts ou compteur GRD propre par niveaupanneaux distincts écartés de 10 cm au moins, ou tableaux distincts (5.3.5.1. c)
Appartement locatif par étage, chacun avec sa propre installationchaque unité d’habitation est une installation domestique à part (3.1.2.1. a)
Rénovation, un étage reste provisoirement inchangéle contrôle est limité à la partie ajoutée ou modifiée (6.4.7.3.)

Deux arguments plaident souvent contre un second tableau : chaque tableau supplémentaire est un endroit de plus qui doit rester accessible, manœuvrable et entretenable sans moyens spéciaux (5.3.5.1. c), et il doit porter un repérage individuel avec la tension d’alimentation indiquée clairement de manière apparente (sous-section 3.1.3.3. point a.). Dans un duplex de deux chambres, cela coûte plus cher que ce qu’il fait économiser en câble.

Comment dimensionner la ligne montante vers le tableau divisionnaire ?

En trois étapes, dont seule la dernière est chiffrée dans le RGIE.

D’abord la puissance d’alimentation. En déterminant la puissance d’alimentation d’une installation ou d’une partie de celle-ci, il peut être tenu compte des facteurs de simultanéité et d’utilisation des récepteurs (section 3.2.1.). Le RGIE n’y avance aucune valeur — quel facteur est approprié relève des règles de l’art et de l’usage réel de l’étage.

Ensuite le courant admissible. Le courant admissible IZ d’une canalisation électrique est fonction de la section des conducteurs, de leur isolation, de la constitution de la canalisation, du mode de pose et de l’environnement, ainsi que de la température ambiante (sous-section 4.4.1.4.). Une ligne montante qui parcourt 6 m à la verticale dans une gaine fermée n’a pas le même courant admissible que la même canalisation posée librement sur un chemin de câbles — le mode de pose fait partie du calcul, ce n’est pas de la cosmétique.

Enfin le calibre. Pour les installations domestiques, le tableau 4.11. (sous-section 4.4.1.4.) limite l’intensité nominale maximale du dispositif de protection en fonction de la section des conducteurs :

Section du conducteurIntensité nominale maximale du coupe-circuit à fusibleIntensité nominale maximale du disjoncteur
1,5 mm²10 A16 A
2,5 mm²16 A20 A
4 mm²20 A25 A
6 mm²32 A40 A
10 mm²50 A63 A
16 mm²63 A80 A
25 mm²80 A100 A
35 mm²100 A125 A

Ce tableau est un plafond, pas un conseil. Il dit ce qu’une section supporte comme calibre — pas quelle section convient à votre ligne montante. La condition supplémentaire figure à la sous-section 4.4.3.2. : le courant nominal In du dispositif de protection contre les surcharges doit être égal ou supérieur au courant d’emploi IB du circuit et inférieur au courant admissible IZ de la canalisation qu’il protège ; son courant conventionnel de fonctionnement If est inférieur ou égal à 1,45 fois IZ.

Pratique de métier, pas norme : dans une habitation belge, une ligne montante vers un tableau d’étage aboutit le plus souvent à 6 mm² avec un disjoncteur C32, ou à 10 mm² avec un C40, et l’interrupteur-sectionneur du tableau divisionnaire est exécuté en 40 A — le plus petit calibre courant qui couvre la plage et qui satisfait de toute façon au minimum de 5.3.5.1. b. Le RGIE n’impose aucune de ces valeurs ; il ne fait que plafonner.

La ligne montante doit-elle être protégée dans le tableau principal ?

En principe oui, et à son origine. Un dispositif de protection contre les courts-circuits est placé à l’origine de tout circuit constitué de canalisations électriques ayant des caractéristiques équivalentes (sous-section 4.4.2.2. point a.). Pour les surcharges, le principe est le même : le dispositif est placé en principe à l’endroit où un changement de section, de nature, de mode de pose ou de constitution entraîne une réduction du courant admissible dans les conducteurs (sous-section 4.4.3.1.) — donc précisément là où le jeu de barres du tableau principal se prolonge en un câble de 6 mm².

Le RGIE prévoit trois dérogations que l’on rencontre réellement dans les installations réparties sur plusieurs niveaux :

  • La protection amont suffit. Il est permis de ne pas installer de dispositif de protection contre les courts-circuits à l’origine d’un circuit, à condition de vérifier que le dispositif placé en amont puisse encore assurer sa fonction (4.4.2.2. a).
  • Trois mètres de latitude. Le dispositif de protection peut être placé sur la canalisation jusqu’à 3 m au maximum de l’origine du circuit, à condition que cette portion ne comporte aucun dispositif susceptible de causer des échauffements particuliers — connexions, dérivations, réductions de section, appareillage — et qu’elle ne soit pas placée à proximité de matériaux combustibles (4.4.2.2. b).
  • La somme des dérivations. Il est admis de se dispenser de toute protection contre les surcharges pour une canalisation électrique alimentant plusieurs dérivations protégées individuellement contre les surcharges, sous réserve que la somme des courants nominaux ou de réglage des dispositifs de protection de ces dérivations soit inférieure au courant nominal ou de réglage du dispositif qui protègerait contre les surcharges la canalisation considérée (sous-section 4.4.3.3.).

C’est la troisième dérogation que l’on lit de travers pour les lignes montantes. Elle n’autorise pas à laisser l’alimentation sans protection — elle autorise à omettre la protection contre les surcharges lorsque la somme des calibres en aval ne peut de toute façon jamais surcharger la canalisation. La protection contre les courts-circuits, elle, reste due. Dans un tableau divisionnaire comptant huit C16 et deux C20, les calibres totalisent 168 A ; une ligne montante de 6 mm² ne tombe pas sous cette dispense.

N’oubliez pas le repérage : les circuits raccordés en amont de l’interrupteur général du tableau de répartition et de manœuvre se doivent d’être repérés comme tels (sous-section 3.1.3.1.).

Le RGIE exige-t-il la sélectivité entre tableau principal et tableau divisionnaire ?

Pour une installation domestique ordinaire : non. Le mot sélectivité n’apparaît dans le RGIE que dans le contexte des installations de sécurité et des installations critiques. On y lit que le fonctionnement correct d’un circuit avec des consommateurs de sécurité, respectivement d’un circuit de sécurité, ne peut pas être affecté par un défaut électrique dans un autre circuit, et que « cela exige la sélectivité entre les dispositifs de protection » (sous-sections 5.5.7.1. point a. et 5.5.7.2. ; formulation identique pour les installations critiques au chapitre 5.6.). Pour la ligne montante vers l’étage des chambres d’une maison unifamiliale, aucune prescription équivalente n’existe.

Ce que le RGIE règle en revanche, c’est la coordination des dispositifs de protection placés en série (sous-section 4.4.1.3.) — et ce n’est pas la sélectivité. Lorsque plusieurs dispositifs de protection sont placés en série, ils peuvent être coordonnés de façon qu’en cas de court-circuit en aval, le dispositif amont agisse pour limiter l’énergie traversant les dispositifs situés en aval à une valeur inférieure à celle que ces dispositifs et les canalisations qu’ils protègent peuvent supporter. Lorsque les dispositifs de protection en série sont des disjoncteurs, cette protection d’accompagnement porte un nom précis dans le texte : la filiation. Pour en déterminer les caractéristiques, il est nécessaire de demander les tableaux de filiation des dispositifs de protection, établis conformément aux normes produit sur les disjoncteurs (4.4.1.3.). Dans les installations non domestiques, le repérage individuel du tableau de répartition et de manœuvre doit même indiquer l’utilisation de la technique de filiation, si elle est d’application (sous-section 3.1.3.3. point b.).

La différence en une phrase : la filiation fait qu’un disjoncteur aval survit à un court-circuit qu’il ne pourrait pas couper seul, et lui confère un pouvoir de coupure ultime renforcé. La sélectivité fait qu’un défaut à l’étage ne plonge pas toute la maison dans le noir. La première est une question de sécurité, réglée par le RGIE ; la seconde est une question de confort et de disponibilité, et reste, hors installations de sécurité, un choix de conception.

Pratique de métier : un étagement — en amont plus lent et plus gros, en aval plus rapide et plus petit, et pour les différentiels en jouant en plus sur la sensibilité et le temps de retard — est courant et raisonnable dans les installations sur plusieurs niveaux. Mais c’est une mise en œuvre selon l’IEC 60364-5-53 et les données du fabricant, pas une obligation RGIE. Celui qui la défend dans un rapport de contrôle comme une « exigence RGIE » s’appuie sur une disposition qui n’existe pas.

Un même circuit peut-il alimenter plusieurs étages ?

Oui. Le RGIE ne connaît aucune règle qui limiterait un circuit terminal à un seul niveau. Un circuit d’éclairage qui alimente ensemble le hall, la cage d’escalier et le palier est admis — et c’est le cas normal dans les maisons de rangée belges, la cage d’escalier appartenant géométriquement aux deux niveaux.

Toutes les limites de nombre et d’affectation restent toutefois pleinement applicables, et elles se comptent par-delà les étages :

LimiteValeurRéférence
Socles de prise de courant simples ou multiples par circuit terminalhuit au maximum5.3.5.2. b
Circuits d’éclairage distincts pour plus de deux locaux et/ou emplacementsdeux au minimum5.3.5.2. b
Circuits terminaux par différentiel à haute ou très haute sensibilitéhuit au maximum4.2.4.3. b
Différentiel placé à l’origine de l’installation électrique300 mA au maximum4.2.4.3. b
Appareils fixes commandés par un appareil de manœuvre commun dans un circuit mixteassimilés à 1 socle5.3.5.2. b

Les troisième et quatrième lignes jouent ensemble dès qu’un tableau divisionnaire entre en scène. Immédiatement en aval du dispositif de protection placé à l’origine de l’installation électrique, au moins un dispositif de protection à courant différentiel-résiduel à haute ou très haute sensibilité est placé, auquel sont raccordés au moins les socles de prise de courant non destinés aux appareils fixes, l’éclairage, les lieux contenant une baignoire et/ou une douche, ainsi que les lave-linges, sèche-linges et lave-vaisselles — avec au maximum huit circuits terminaux par différentiel (4.2.4.3. b). Une salle de bains à l’étage alimentée depuis le tableau qui s’y trouve a donc besoin de cette affectation là aussi ; le différentiel de 300 mA à l’origine de l’installation ne la remplace pas.

Deux limites pratiques découlent du principe et non d’un article : un circuit terminal réparti sur trois niveaux devient long, et les chutes de tension dans les canalisations électriques doivent être limitées aux valeurs décrites dans les règles de l’art (section 5.2.5. — le RGIE n’y cite lui-même aucun pourcentage). Et un circuit qui se disperse sur trois niveaux complique la recherche de défaut, parce qu’on ne met plus cette partie d’installation hors tension en un seul endroit. Comment établir les longueurs correspondantes de façon défendable : Cheminements et longueurs de câbles.

Comment traverser le plancher avec la ligne montante ?

La traversée elle-même est réglée. Dans les traversées de planchers, on assure la protection de la canalisation électrique, au ras du sol fini, contre les dégradations mécaniques et contre l’écoulement des liquides pouvant être répandus sur le sol fini. Si la traversée s’effectue en conducteurs posés sous conduits, ceux-ci sont étanches et leur extrémité supérieure fait saillie au-dessus du plancher, d’une hauteur au moins égale à celle des plinthes s’il en existe, et de 10 cm au moins (sous-section 5.2.1.5.). La même disposition impose, pour les traversées entre locaux pouvant présenter des différences importantes d’état hygrométrique, des précautions spéciales contre l’introduction et la condensation d’eau ; les conduits non obturés sont alors inclinés vers le local le plus humide.

Pour le tracé vertical à l’intérieur d’un étage, ce sont les gabarits de pose qui s’appliquent : les canalisations noyées sans conduit dans les murs des locaux ne comportent que des tracés horizontaux et verticaux, les parcours verticaux se trouvant le plus près possible d’un angle du local ou entre 10 et 20 cm des chambranles ou huisseries des portes (sous-section 5.2.9.10. point b.). Les parcours horizontaux se situent entre 25 et 35 cm du plancher ou du plafond.

La goulotte est un mode de pose nommé comme tel par le RGIE (sous-section 5.2.2.1. point h.1, figure 5.11.) — et le bon choix dès que plusieurs canalisations empruntent le même tracé vertical. Deux points d’attention :

  • Lorsqu’on utilise dans une gouttière ou une goulotte des canalisations électriques de circuits à des tensions différentes, les connexions pour jonctions, raccordements ou dérivations sont exécutées dans des compartiments séparant les canalisations à tensions différentes (sous-section 5.2.9.6.).
  • Les conducteurs isolés et les câbles installés en faisceaux ou en nappe ont au moins la caractéristique F2 ou au moins la classe Cca — et cette disposition s’applique indépendamment de la distance sur laquelle ils sont effectivement installés en faisceau (sous-section 5.2.7.3.). Une gaine montante avec six câbles est exactement un faisceau de ce type.

Ce qui ne figure pas ici : l’obturation coupe-feu de la gaine entre les étages. Le RGIE n’impose la résistance au feu des canalisations et des tableaux que dans le contexte des installations de sécurité et des installations critiques (chapitres 5.5. et 5.6.). Le compartimentage d’un immeuble de logement relève du droit de la construction — les normes de base en prévention incendie et les prescriptions régionales — et non du RGIE. N’inventez donc pas d’article RGIE pour cela ; en cas de doute, renvoyez au dossier de sécurité incendie du projet.

Comment mener la liaison équipotentielle sur plusieurs niveaux ?

Il y a deux liaisons équipotentielles, et une seule des deux parcourt tout le bâtiment.

La liaison équipotentielle principale est à l’échelle du bâtiment. Le conducteur principal d’équipotentialité a une section au moins égale à la moitié de celle du plus gros des conducteurs de protection de l’installation, le conducteur de terre étant exclu, avec un minimum de 6 mm² en cuivre ; sa section peut être limitée à 25 mm² en cuivre, ou à la section électriquement équivalente s’il s’agit d’un autre métal (sous-section 5.4.4.1. point a.). Ce conducteur possède une isolation de couleur vert-jaune et suit les prescriptions applicables aux conducteurs de protection (point b.).

La liaison équipotentielle supplémentaire est au contraire expressément locale. Dans un lieu contenant une baignoire et/ou une douche, elle relie localement toutes les masses du matériel électrique et tous les éléments conducteurs étrangers simultanément accessibles situés dans ce lieu (sous-section 7.1.4.4.). Une salle de bains à l’étage reçoit donc sa propre liaison équipotentielle supplémentaire ; elle n’est pas remontée depuis le rez-de-chaussée. Les sections : au moins la moitié de celle du conducteur de protection relié à une masse, et en aucun cas moins de 2,5 mm² pour les conducteurs protégés mécaniquement, 4 mm² pour ceux qui ne le sont pas (sous-section 5.4.4.2. point a.).

Conséquence pratique pour la ligne montante : le conducteur de protection monte dans le même câble ; les éléments conducteurs étrangers — canalisations d’eau et de chauffage, structures métalliques — sont raccordés là où ils pénètrent dans le bâtiment, via la liaison équipotentielle principale, et pas une seconde fois par étage. Quel schéma de mise à la terre se cache derrière tout cela : Mise à la terre TT ou TN-S.

Comment les étages doivent-ils apparaître sur le plan de position et le schéma unifilaire ?

Le RGIE sépare proprement les deux documents, et cette séparation détermine où un étage devient visible.

Le plan de position indique la position des tableaux de répartition et de manœuvre, des boîtes de connexion, des boîtes de dérivation, des socles de prise de courant, des points lumineux, des interrupteurs, des machines et appareils fixes et des sources dont mention est faite sur le schéma unifilaire (sous-section 3.1.2.3. point a.). Le pluriel de « tableaux de répartition et de manœuvre » est le point décisif : un tableau divisionnaire à l’étage doit être situé sur le plan de position. Un schéma seul ne suffit pas.

Le schéma unifilaire reprend les caractéristiques des canalisations électriques — type, section, nombre de conducteurs —, le mode de pose, le type et les caractéristiques des dispositifs de protection à courant différentiel-résiduel et contre les surintensités, les interrupteurs, les boîtes de connexion et de dérivation, les socles de prise de courant, les points lumineux, les machines et appareils fixes ainsi que les sources (sous-section 3.1.2.2. point a.). Pour une ligne montante, cela signifie concrètement : type, section, nombre de conducteurs et mode de pose sont des données obligatoires, pas un supplément.

Quant au repérage : sur le schéma unifilaire, chaque circuit élémentaire est identifié par une lettre majuscule ; chaque point lumineux, chaque socle de prise de courant et chaque unité de commande par un numéro donnant l’ordre dans lequel on les rencontre dans le circuit élémentaire, en partant du dispositif de protection contre les surintensités situé en amont. Sur le plan de position, ces mêmes éléments portent la lettre de leur circuit et le numéro d’ordre attribué au schéma unifilaire (sous-section 3.1.2.1. point a., figures 3.1. et 3.2.). Ce repérage est indépendant de l’étage — un circuit C qui court sur deux niveaux s’appelle C aux deux niveaux.

Chaque tableau de répartition et de manœuvre est en outre repéré de manière claire, bien visible et indélébile par un repérage individuel, la tension d’alimentation étant indiquée clairement de manière apparente (sous-section 3.1.3.3. point a.), et les dispositifs de commande, de protection et de sectionnement des circuits portent des repérages individuels, à moins que toute possibilité de confusion soit écartée (sous-section 3.1.3.1.).

Ce que le RGIE n’impose pas : qu’une feuille distincte existe par étage, ou qu’un schéma distinct soit dessiné par tableau. Les deux relèvent de la pratique de représentation — une pratique très établie, parce qu’un plan de position superposant deux niveaux devient illisible. Comment les deux documents se délimitent : Schéma unifilaire ou plan de position ; la construction d’un plan de position est traitée dans Dessiner un plan de position.

Chaque étage a-t-il besoin d’un détecteur de fumée ?

Ce n’est pas une question RGIE. Le RGIE n’impose pas de détecteur de fumée pour les installations domestiques. L’obligation vient du droit régional du logement : la Flandre, la Wallonie et Bruxelles règlent chacune de leur côté combien de détecteurs doivent être placés et où, et les exigences diffèrent aussi bien par le nombre par niveau que par le champ d’application aux logements existants.

Pour la planification sur plusieurs étages, seule la conséquence compte : la preuve des détecteurs ne relève pas du rapport de contrôle RGIE mais de la conformité régionale, et là où les détecteurs fonctionnent en 230 V, leur circuit apparaît tout normalement sur le schéma unifilaire. Les règles régionales en détail figurent dans Détecteur de fumée obligatoire en Belgique — là et pas ici, pour qu’il n’en existe qu’une seule version tenue à jour.

Que vaut-il si vous aménagez un étage après coup ?

Un grenier aménagé constitue presque toujours une extension importante. Le RGIE la définit comme une modification ou une extension d’une installation électrique qui a un impact supplémentaire — pas encore couvert par un contrôle de conformité — sur la sécurité des personnes ou des biens, et il cite expressément comme exemple « l’ajout d’un circuit dans une installation domestique » (section 2.11.2., définitions). Un nouveau tableau divisionnaire avec six circuits y répond plusieurs fois.

Trois conséquences en découlent :

  • Contrôle avant mise en usage. Toute modification importante ou extension importante fait l’objet d’un contrôle de conformité avant la mise en usage de ladite modification ou extension ; ce contrôle de conformité est limité à la partie ajoutée ou modifiée de l’installation (sous-section 6.4.7.3.). L’ancienne installation du rez-de-chaussée n’est donc pas contrôlée automatiquement. Toute modification ou extension ayant un impact sur la partie non modifiée doit néanmoins être mentionnée dans le rapport de contrôle.
  • 300 mA pour toute l’installation. Dans le cas d’une modification importante ou d’une extension importante dans une ancienne installation électrique domestique, l’ensemble de l’installation électrique est protégé par au moins un dispositif de protection à courant différentiel-résiduel dont le courant différentiel de fonctionnement est au maximum 300 mA (sous-section 4.2.4.3. point b.). C’est la prescription qui rend régulièrement un aménagement de combles plus cher que prévu.
  • Le plan de position suit. Toute modification ou extension apportée à une installation électrique domestique est représentée sur le plan de position, qui donne à tout moment la situation existante des éléments de l’installation. Toute ancienne partie dont la réalisation sur place a été entamée avant le 1/10/1981 et figurant sur les schémas unifilaires est repérée par la mention « partie ancienne » (sous-section 3.1.2.1. point a.).

Pour les modifications qui ne peuvent pas être qualifiées d’importantes, il n’est pas obligatoire d’établir un nouveau schéma unifilaire ; une description succincte de la modification, comportant les nom, qualité et adresse du ou des responsables de l’exécution du travail, datée et signée par ceux-ci, suffit (3.1.2.1. a). Le plan de position doit malgré tout rester actuel. La séquence complète pour une construction neuve figure dans la Checklist schéma unifilaire construction neuve.

Maison unifamiliale ou immeuble à appartements — cela change-t-il la réponse ?

Oui, et sur un point qu’on néglige souvent. Tant que tous les étages appartiennent à une seule unité d’habitation, l’ensemble constitue une seule installation domestique : un schéma unifilaire, un plan de position, un contrôle, et les limites de nombre de 5.3.5.2. b valent pour cette unique unité.

Dès qu’une unité d’habitation propre apparaît par étage, plusieurs installations domestiques apparaissent — chacune avec son propre tableau principal de répartition et de manœuvre muni d’un interrupteur-sectionneur général d’au moins 40 A (5.3.5.1. b), son propre schéma, son propre plan de position et son propre contrôle. Les huit socles par circuit terminal se comptent alors par unité d’habitation, pas par bâtiment.

Pour les parties communes — éclairage de la cage d’escalier, installation de sonnerie, éclairage extérieur, local des compteurs — il existe un assouplissement explicite : en dérogation aux prescriptions applicables aux installations non domestiques, il est autorisé de se limiter, pour les schémas, plans et documents des parties communes d’un ensemble résidentiel, aux prescriptions d’application pour une installation domestique (sous-section 3.1.2.1. point e.). Il en va de même pour le repérage des tableaux de répartition et de manœuvre correspondants (sous-section 3.1.3.3. point c.). En pratique : pour le tableau de la cage d’escalier, un schéma unifilaire au format domestique habituel suffit — vous ne devez documenter ni courants de court-circuit présumés, ni impédances, ni catégories d’emploi, comme l’exigerait sinon 3.1.2.2. b.

Comment aligner les étages dans PlanElec ?

Dans PlanElec, les étages ne sont pas des dessins séparés mais des niveaux d’un même modèle de bâtiment. Vous les créez, vous les ordonnez et vous copiez le contour extérieur ou la structure du bâtiment d’un niveau au suivant ; un point zéro commun maintient les plans superposables, et un calque de référence affiche l’étage voisin avec une opacité réglable.

L’alignement proprement dit passe par des paires de points : vous placez le même point remarquable d’abord dans le plan courant, ensuite dans le plan de référence affiché. À partir de deux paires de points, le décalage et la rotation se déduisent automatiquement. PlanElec indique ensuite l’écart moyen et l’écart maximal en centimètres, ainsi que l’écart résiduel par paire de points ; les touches fléchées déplacent de 1 cm, avec Maj de 10 cm. L’échelle reste fixe — l’alignement est rigide et ne déforme jamais un étage pour faire coïncider des points.

La liaison verticale est un élément à part entière, décliné en escalier, gaine et zone montante. Un escalier se dessine sur un étage et apparaît sur l’étage voisin comme le même élément manipulable, représenté en miroir — trait plein jusqu’à la ligne de coupe, pointillé au-delà. Les modifications apportées au jumeau projeté sont réécrites sur l’étage source. Une paire de points peut être reprise directement d’un escalier ou d’une gaine.

Côté électricité, il en dépend plus qu’il n’y paraît :

  • Les chaînes de commande sont valables à l’échelle du projet. Pendant le dessin, vous prolongez une chaîne via le sélecteur d’étage ; l’affichage indique combien de membres se trouvent à cet étage et combien au total, sur combien d’étages.
  • L’affectation aux circuits fonctionne d’un étage à l’autre : des récepteurs situés sur plusieurs étages s’affectent ensemble à un disjoncteur existant, et la sélection survit au changement d’étage.
  • Les cheminements de câbles physiques traversent bel et bien les étages, mais en deux sortes d’étapes : les étapes d’étage se dessinent et se modifient localement sur leur propre niveau, tandis que l’étape verticale se choisit via un connecteur au lieu d’être dessinée. La longueur verticale est déduite des hauteurs d’étage et du décalage horizontal tant qu’elle n’est pas mesurée — et elle entre dans la longueur de câble, donc dans le calcul de chute de tension. Les hauteurs d’étage sont marquées comme hypothèse ou comme valeur confirmée ; par défaut 2,50 m de hauteur libre et 0,30 m d’épaisseur de plancher.
  • Les tableaux divisionnaires apparaissent comme un tableau à part entière, avec une ligne d’alimentation depuis le tableau amont. PlanElec crée pour cela le disjoncteur d’alimentation dans le tableau qui alimente, y raccroche l’interrupteur-sectionneur du tableau divisionnaire et propose calibre et section sur la base de la charge attendue et d’un facteur de simultanéité de 0,7. L’affectation d’un tableau à un étage naît du fait que vous placez le symbole du tableau dans le plan de cet étage.

À l’exportation, chaque étage reçoit sa propre page du plan de position, avec son propre cartouche ; les étages sans murs dessinés sont ignorés. Le schéma unifilaire est construit sur la base d’une feuille par tableau, tableau principal en tête, et un même tableau peut occuper plusieurs pages A4. Entre les feuilles, PlanElec place des renvois dans les deux sens : sur la feuille du tableau principal, le départ vers le tableau divisionnaire porte le numéro de feuille de ce dernier, et sur la feuille du tableau divisionnaire, l’alimentation porte le numéro de feuille du tableau amont.

Ce que l’auto-contrôle RGIE ne fait pas ici

L’auto-contrôle est indicatif et n’évalue que les règles prises en charge, sur la base des données saisies. Pour les installations sur plusieurs étages, cela signifie concrètement :

Ce qu’il vérifie :

  • Qu’une ligne d’alimentation entre deux tableaux dispose d’un dispositif de protection propre dans le tableau amont, pointe vers un tableau cible existant et soit affectée de manière cohérente des deux côtés. Si l’un de ces éléments manque, c’est une erreur, pas une remarque.
  • La chute de tension avec la longueur de câble réelle, étapes verticales des cheminements inter-étages comprises. Si la longueur manque, il n’en résulte pas une erreur mais un signalement non bloquant indiquant que la donnée fait défaut.
  • Un étagement entre différentiels amont et aval — explicitement comme recommandation de pratique selon l’IEC 60364-5-53, non comme règle RGIE, et donc sous forme d’avertissement que vous pouvez outrepasser.
  • La couverture en détecteurs de fumée par étage — également comme avertissement outrepassable et explicitement comme renvoi au droit régional, pas au RGIE. Si des chambres ou des couloirs sont renseignés comme type de local, PlanElec signale local par local ; ce n’est que si aucun type de local de ce genre n’est reconnaissable à un étage que la règle par étage sert de repli.

Ce qu’il ne vérifie pas :

  • La section de la ligne montante. La canalisation entre deux tableaux est tenue à jour comme circuit avec dispositif de protection, mais pas comme segment de câble propre avec une section. La section affichée à la création est un aperçu de calcul et non une valeur enregistrée — elle n’apparaît donc ni dans le contrôle des sections ni dans le calcul de chute de tension.
  • L’étagement en ampères entre la protection d’alimentation et l’interrupteur-sectionneur du tableau divisionnaire. C’est un choix délibéré : la coordination des dispositifs de protection placés en série passe, selon 4.4.1.3., par l’énergie laissée passer et le pouvoir de coupure, donc par les tableaux de filiation du fabricant, et non par le courant nominal.
  • La sélectivité en court-circuit entre disjoncteurs. Aucune règle ne la traite — et selon le RGIE, aucune obligation n’existe non plus en dehors des installations de sécurité et des installations critiques.
  • La zone montante comme concept. C’est un type de connecteur vertical dans le plan, au service du cheminement des câbles ; aucune règle de contrôle ne l’évalue.
  • L’obturation coupe-feu, le compartimentage et la fermeture des gaines. Cela sort du RGIE et sort de l’auto-contrôle.
  • Il ne remplace ni la mesure ni le contrôle. L’appréciation officielle relève exclusivement d’un organisme agréé.

Pour aller plus loin

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Base réglementaire : RGIE Livre 1 V06 — sections 2.6.1. et 2.11.2., sous-sections 3.1.2.1., 3.1.2.2., 3.1.2.3., 3.1.3.1., 3.1.3.3., section 3.2.1., sous-section 4.2.4.3., chapitre 4.4. (sous-sections 4.4.1.3., 4.4.1.4. avec le tableau 4.11., 4.4.2.2., 4.4.3.1., 4.4.3.2., 4.4.3.3.), sous-sections 5.2.1.5., 5.2.2.1., 5.2.7.3., 5.2.9.6., 5.2.9.10., section 5.2.5., sous-sections 5.3.5.1., 5.3.5.2., 5.4.4.1., 5.4.4.2., 5.5.7.1., 5.5.7.2., 6.4.7.3. et 7.1.4.4. Font foi le texte officiel, l’état réel de l’installation et le contrôle de l’organisme agréé.